Le processus international sur les changements climatiques
Ah, les changements climatiques… Passionnés des questions climatiques comme nous le sommes, nous pourrions écrire des pages sur le sujet. Cependant, étant donné que vous nous découvrez, nous allons simplement nous en tenir aux bases. Aussi, en hommage au Reader’s Digest Magazine, c’est parti...
Dans les années 1950-1960, la communauté scientifique commença à s’intéresser à la possibilité des changements climatiques. Cependant, connaissant la faible capacité de sociabilité des scientifiques, cela prit un certain temps avant que l’idée n’atteigne le courant dominant (ok, considérez le courant politique dominant). En 1988, l’Organisation météorologique mondiale et le programme environnemental des Nations unies (PNUE-UNEP) mirent en place le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC-IPCC). Le GIEC regroupe les principaux experts mondiaux en changement climatique. En 1990, ils éditèrent leur premier rapport d’évaluation. Le monde politique (c’est-à-dire les gouvernements) décida alors qu’il fallait réagir. Ainsi, ce n’est qu’en 1991 que les négociations sur une convention internationale commencèrent de façon sérieuse.
En 1992, lors du Sommet de la Terre, la Convention Cadre des Nations unies sur les changements climatiques fut signée dans le but de prévenir tout danger lié aux changements climatiques (article 2). Les pays industrialisés acceptèrent donc de stabiliser, d’ici 2000, leurs émissions de gaz à effet de serre aux niveaux des années 90. Cependant, cet objectif n’était pas obligatoire. Ainsi, comme lorsque le professeur vous donne un travail mais sans que celui-ci soit obligatoire, l’objectif ne fut pas atteint.
Avant 1995, il devint donc évident que davantage devait être fait pour gérer les changements climatiques. Les pays se mirent alors d’accord pour commencer à négocier un Protocole (notez la tendance à « accepter de parler de convenir de quelque chose » – nous y reviendrons). Ces débats aboutirent à l’élaboration du Protocole de Kyoto sur lequel les États trouvèrent une entente à Kyoto (Japon) en 1997. Selon les règles de négociations internationales, tous les accords signés par un pays au niveau international doivent être ratifiés par le gouvernement national. Depuis, suffisamment de pays, représentant une part assez importante des émissions des pays industrialisés, ont ratifié le Protocole de Kyoto. Il est donc finalement entré en vigueur (c’est à dire devenu légalement obligatoire) le 16 Février 2005 (Youpi !).
Le Protocole de Kyoto stipule que les pays industrialisés doivent, au total, réduire leurs émissions à un niveau de 5.2% inférieur à celui de 1990 (bien que ces objectifs soient différents selon les pays : celui du Canada par exemple est de 6%). Ces réductions doivent être réalisées entre 2008 et 2012 (mais nous devons bien entendu agir dès maintenant pour maximiser les chances d’atteindre l’objectif fixé).
La rencontre de Montréal est cruciale car les pays doivent maintenant, selon le Protocole de Kyoto lui-même (article 3.9), commencer à discuter de l’après-Kyoto. Cela signifie que les gouvernements pourraient accepter de commencer à discuter d’un accord futur (encore cette fâcheuse tendance !!). Kyoto est la première (petite) étape d’une action internationale sur les changements climatiques. Or, plus nous attendons pour prendre une mesure significative (réduction des émissions de 60 à 80%), plus il sera difficile d’éviter le danger lié aux changements climatiques.
Un petit mot au sujet du charabia climatique…
CdP désigne la Conférence des Parties à la Convention-cadre sur les Changements Climatiques. Il s’agit de l’organe de décision qui choisit les sujets de la Convention-cadre. Il se rencontre une fois par an et est composé des pays ayant signé et ratifié la Convention. Il se réunira pour la onzième fois à Montréal au mois de Décembre (d’où CdP11. En anglais, l’acronyme se lit COP11 : Conference of Parties).
CdP/RdP désigne la Conférence des Parties (CdP) qui accueillera la Réunion des Parties (l’acronyme en anglais est MOP : Meeting of Parties) au Protocole de Kyoto. Il s’agit de l’organe décisionnel du Protocole de Kyoto. Il se réunira pour la première fois à Montréal (CdP/RdP1) et se déroulera en parallèle à CdP11.
Conférence des Nations unies sur les Changements Climatiques, Montréal 2005 est le nom officiel que le gouvernement du Canada a donné à ces deux réunions (CdP11 et CdP/RdP1).
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- Pour en savoir plus sur la structure du Processus International des changements climatiques, référez vous à « A guide to the climate change process » du secrétariat de l’UNFCCC (Convention Cadre des Nations unies sur le changement climatique) ici
- Pour en savoir plus sur le contenu de la Convention Cadre et sur le Protocole de Kyoto, référez vous au guide du « débutant » sur la Convention du secrétariat de l’UNFCCC ici
- Pour acquérir davantage de connaissances sur la science du changement climatique dans un format « Questions/Réponses » simple, allez consulter la rubrique « Questions fréquemment posées au sujet de la science du changement climatique » d’Environnement Canada ici
- Pour développer un esprit scientifique plus poussé, référez vous aux diverses publications du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat disponibles sur le site de l’IPCC (GIEC) www.ipcc.ch
- Pour 101 sites traitant du changement climatique : voir www.climateark.org
- Pour 101 solutions au changement climatique : voir www.earthfuture.com/stormyweather
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